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Il en est, des lieux, comme des humains, certains laissent traces dans les mémoires et acquièrent une histoire reflétant un passé oublié. Voici quelques uns des ces lieux dont l’histoire est parvenue jusqu’à nous.

Holl Fra Schteen à Bonnert :
Bonnert est actuellement une section de la ville d’Arlon mais était encore une commune avant la fusion des communes de 1977. En 1939, Charles Dubois recense un mégalithe en grès situé près du lieu-dit Viville. Ce bloc présente plusieurs cavités et est nommé « Holl Fra Schteen » La pierre de Frau Holl.

Le rocher de Hertha à Altlinster :
Altlinster est une petite commune du canton de Grevenmacher au G-D de Luxembourg. Dans un bois, parsemé de rochers, proche du château, on découvre une roche particulière de 6m de haut et large de 5m. Sur sa face exposée au sud sont gravées deux silhouettes : la première, haute de 2m30, représente un homme alors que la deuxième, de 2m60, représente une femme, tous deux vêtus à la « germanique ». Cette roche porte les noms de « roche des payens » ou « rocher de Hertha », et présenterait la déesse accompagnée de son grand-prêtre.
Non loi de là, une autre roche se nomme « Hertha-kirche » et une troisième « rocher de Frey ».

Hodinfosse près de Vielsalm :
Au lieu-dit « Odinn-fosse », se trouvait une grande forêt dédiée à Odinn au milieu de laquelle se situe la commune de Fosse-sur-Salm. En ce lieu-dit, un rocher s’avance en promontoire au-dessus de la Salm et se nomme « Rompt-le-cou ». Il aurait été un lieu de sacrifice à Odinn/Wodan particulièrement adoré dans toute la Famenne et le Luxembourg belge.

Amberloup situé sur la commune de St Ode dans le Luxembourg belge :
Amberloup est situé dans les bois de Freyr et serait le lieu de rassemblement du « conseil armé » de la tribu des Trévires. Un temple païen était situé à la place de l’actuelle église St Martin et sur un linteau de pierre encore présent se trouve l’inscription « curia Adunenn. »

 

 

 

 

Sous le maître-autel fut découvert, en 1824, un autel païen présentant quatre face décorées de divinités gallo-romaines : Mercure (Wodan), Hercule (Doner), Minerve (Frigga/Freya) et Diane (Arduinna).

Jambes dans la province de Namur :
C’est plus précisément dans le hameau de Velaine que se trouvait « la pierre du diable » jusqu’à la fin du 19°s. Dans d’anciens documents, en 1273, il est fait mention de « lapis », en 1352 et 1443 « grosse pierre », en 1404 « blanche pierre », en 1486 « pierre brunehault » et depuis 1740, « pierre du diable ». Gaillot, à la fin du 17°s, signale que d’après la tradition orale régionale, la pierre serait l’autel d’une idole du nom de Nam qui aurait été renversée par St Materne. C’est un dolmen dont la table fait 2m60x1m95 et 53 cm d’épaisseur. Des fouilles faites au 19°s permirent de découvrir 9 ou 10 pierres de tailles égales à la table, disposées en cercle à une distance de 6m de l’autel.


La pierre du diable à Jambes

 

 

 

 

Malmédy, les pierres de Diane :
St Remacle, en 650, détruisit un lieu de culte païen. Le site était un ensemble de fontaines sacrées, d’idoles et pierres dédiées à Diane (Arduinna) et d’inscriptions. Le saint planta la croix et fonda à cet endroit un monastère bénédictin. La ville porta le nom de cet évènement : « Malmundarium » Dont-le-mal-est-banni, car les anciennes superstitions avaient été supprimées.

Landelies dans la province du Hainaut :
Au gué de la Sambre, près de l’abbaye d’Aulne, un arbre plusieurs fois centenaire jouxtait une pierre monumentale inclinée, et tout près se trouvait une petite chapelle de bois. La pierre, mégalithe, portait le nom de Ride-cul (rider = glisser) et était encore rattachée à d’anciens rites de fécondité. On se rendait par couple ou en bande, au son des violons et munis de vivres et de boissons. Après le repas et une prière à la madonne, chaque couple s’asseyait enlacé sur le haut du rocher et se laissait glisser. Les positions à l’arrivée étaient une augure de la suite de la relation : retournade – le moment n’est pas venu, cognade – on ne se convient point, embrassade – l’union sera heureuse et féconde.

Fagnolle, la pierre au sacrifice :
Tout en haut de la Tienne des Fagnes se trouve un huit énormes pierres grisâtres (2m de H et 6 à 8 m de circ.) et quelques plus petits. Cet ensemble est un arc de cercle ouvert orienté vers le S-E, avec dans cette direction, à une centaine de mètres et au centre d’une grande excavation, la pierre dite « aux sacrifices » par la tradition populaire. Cette pierre, formant une table à son sommet, est creusée de deux bassins curieusement symétriques. La route qui y mène en partant de l’église de Fagnolles est précisément orientée vers le point du lever du jour le 21 juin, solstice d’été. Un parallèle peut être indiqué avec le cromlech de Solwaster en province de Liège qui est aussi constitué d’un cercle de pierre, une autre pierre beaucoup plus grande, comportant bassins et rigoles, et située dans une excavation à courte distance du cercle.


Pierre du sacrifice à Fagnolles

 

 

 

Le bois et la fagne de la grosse pierre :
Entre la baraque Michel et Stoumont se trouvent deux sources nommées Sauvenière et Groesbeek. Les noms du bois et de la fagne prouvent l’existence d’un mégalithe, souvent situés près des sources sacrées. On y retrouve parfois des sculptures de pieds et de mains remontant à l’époque de Charlemagne, pratique païenne répertoriée dans l’Indiculus superstitionum et paganinarum.

Le Weisser Stein à Manderfeld :
Le Weisser Stein (la pierre blanche) est un mégalithe tabulaire situé en bordure du vallon d’Edesbach. Cette pierre a donné son nom à tout le massif et serait un ancien autel Odinique. En effet, plusieurs toponymes du Weisserstein font penser à Odinn et son culte : Edesbach, Odekopf et Udenbreith. On retrouve des cas semblables dans le massif de l’Efeil.

La pierre à marier à Bleid :
Près de Virton, en bordure de la Semois se trouve deux pierres dites « mariées » auprès desquelles se déroulait le rite de « saudée » ou du « saudage ».Jadis, les nouveaux mariés allaient danser sur le pré Mariette situé en face et ensuite, se couchaient dos à dos sur la pierre. Là on les attelait à une grosse pièce de bois ou une grosse pierre qu’ils devaient tirer jusque chez eux. Non loin de là, au lieu dit « Quatre bornes », se tenait un sabbat de sorcières attesté par le procès de Sugny de 1657.

Malempré, les pierres du Diable :
Dans le bois de Groumont se trouvent, au milieu d’une clairière, de gigantesques pierres en grès. La légende locale explique que c’est ici qu’est honorée Faule, sœur de Thor, et ces pierres portaient anciennement le nom de Fal-House.

Le Rogsteen à Belsele :
Le nom s’écrivait anciennement Belcele (Belli Cella = temple de bel ?). Au lieu dit Steenwerk se trouvait encore au 19°s un imposant mégalithe.

L’autel du Diable à Diekiech au G-D Luxembourg :
Diekirch s’adosse au Herrenberg, aussi appelé Thornberg. En face de cette « montagne de Thor » se situe le massif du Hardt où est élevé le dolmen de Dide.

 

 

 

 


Dide ou Dido serait le fils de Lada, sœur de Thor. Dide était en tous cas vénéré dans cette région puisqu’il laissa son nom à la localité Diekirch, anciennement appelée Didekirch.

Le Donderberg (mont de Donder = Thor) près de Renaix :

Les rochers et le château de Freyr près d’Hastière.


Les rochers de Freyr près d'Hastière

Source : « Les mégalithes de Gaule-Belgique » W. & M. Brou. Bruxelles 1969.