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Cercle Alruna
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Les Runes
Le Shamanisme
La
voie du
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des anciens
La
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du guerrier
Le shaman
La vision
Le
concept
d'ombre
Le
travail
du son
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"L’homme qui
s’est assit sur le sol de son tipi, pour méditer sur la vie
et son sens,
A su accepter une filiation commune à toutes les créatures
et a reconnu l’unité de l’univers.En cela, il infuse
à son être l’essence même de l’humanité."
Chief Standing Bear
Le chamanisme est-il une tradition à part entière ?
Non sans doute car il est commun, et parfois à la base de beaucoup
de traditions. La première caractéristique du chamanisme
est cette croyance en un autre monde, invisible et interdépendant
du monde matériel. On l’appelle le monde des rêves,
le monde d’en bas.
Ce monde est considéré comme la source première de
toutes choses, et le monde du matériel n’en serait que le
reflet. En effet, toute idée, envie, inspiration, création
prend forme à partir de ce monde de l’esprit, le rêve
est cette source inépuisable d’énergie que l’univers
offre à ses habitants.
Le shamanisme est issu des sociétés dites archaïques,
fonctionnant sous le mode tribal ou clanocentrique (mode de société
basé sur le système de clans) Ce mode de fonctionnement
qui se base sur les liens de parenté, de sang (lignée paternelle)
ou de lait (lignée maternelle), donne une place importante au culte
des ancêtres. Il est primordial pour un membre d’une de ces
communautés de corps ou d’esprit de se rattacher à
"ce-qui-fut". Ce passé dont il est le résultat
vivant et qui lui permettra de devenir "ce-qui-est".
Pour ce faire, il devra s’emplir de la sagesse et de la puissance
de ses ancêtres, et, renforcé par le pouvoir de "ceux-qui-ont-été",
il pourra fabriquer "ce-qui-sera".
La notion de "pouvoir" shamanique est cette capacité
à faire, à être "capable de".
Cette force intérieure issue des ancêtres prend souvent l’apparence
d’un animal qui sera donc "l’animal de pouvoir"
personnel mais qui se rattache au "pouvoir" ancien
de ceux qui nous ont précédés. Parfois, ce sera la
tribu entière qui sera dotée d’un animal gardien,
souvent en lien avec l’ancêtre éponyme, celui qui créa
la lignée.
Les relations que l’on peut avoir avec les ancêtres
sont riches et variées car le shamanisme connaît de nombreuses
pratiques pour voyager entre les mondes.Cela pourra aller d’un simple
sentiment de ne plus être seul jusqu’à l’enseignement
donné par les esprits des ancêtres. Beaucoup de chamans reçoivent,
en plus de l’enseignement terrestre, un enseignement issu de l’esprit
d’un chaman mort, par l’intermédiaire de visions ou
de rêves. L’accès au royaume des morts est détenu
par l’animal de « pouvoir », aussi appelé
« animal-totem », car la source de
son pouvoir est le monde des trépassés, ce que Carl Gustave
Jung nomme l’inconscient
collectif, le siège de toutes les questions et toutes les réponses,
la caverne de l’Ours.
Dans les sociétés shamanistes, la mort fait partie intégrante
de la Vie. La "vieille-dame"
est la suite inéluctable du sentier de vie que tous suivent, animaux,
végétaux ou minéraux.
Tout deviendra mort puisque tout est Vie. Est-ce parce que la pierre dépend
d’autrui dans
son mode de déplacement qu’elle ne vit pas ? N’est-elle
pas d’abord lave, puis montagne, rocher, caillou ou galet de rivière ?
Tout dans l’univers évolue, se transforme, obéi aux
lois
de l’Esprit, est animé par sa force de Vie.
Les relations avec le monde des esprits sont innombrables et entretenues
par des coutumes sacrées. Chez les shamans sibériens, une
différence est faite entre les trépassés récents
et les morts de longue date. On cherche la protection, la sagesse ou le
pouvoir des ancêtres morts depuis longtemps. Au contraire, on craint
les esprits récemment décédés car ils ne se
rendent pas encore compte de leur changement d’état et leur
seul désir est de reprendre leur place dans le monde matériel.
Le shaman doit alors les aider à accepter l’inéluctable,
et ce faisant, accomplir sa fonction psychopompe (conducteur des âmes
des morts.) La famille du défunt empruntera donc, en courant, un
autre chemin pour revenir du cimetière que pour y aller, dans l’espoir
d’égarer l’esprit du mort et de l’empêcher
de hanter les vivants. Un autre exemple de rituel chamanique ancien lié
à la mort nous est proposé dans la tradition germano-scandinave.
Le chapitre 44 de la Gylfaginning (partie de l’Edda) présente
le dieu Thor dépeçant ses boucs pour nourrir Loki, son compagnon
de voyage, ainsi que ses hôtes. Il demande expressément de
ne pas toucher aux os et de les placer sur les peaux des animaux d’une
manière précise. Le paysan qui reçoit Thor ne peut
s’empêcher de manger la moëlle de l’os de la cuisse.
Par là, il compromet le rite de résurrection pratiqué
par Thor le lendemain matin.
On retrouve un rite de fertilité semblable chez les
turco-tatars et les sibériens qui croient que le siège de
l’âme sont les os. Lorsqu’ils dépècent
un animal tué à la chasse, une attention toute particulière
est portée au fait de ne pas abîmer les os.
Ensuite, ils les enterrent dans un ordre précis pour que la chair
de l’animal les regarnisse, qu’il ressuscite et puisse être
à nouveau chassé. Cette croyance est une caractéristique
des peuples chasseurs.
Lors des différents rites rattachés à
la tradition Lakota (sioux), on retrouve une expression
qui permet à chaque participant de se rattacher au reste de l’univers :
"Mitak’oyas’in".
Cela se traduit par "Nous sommes tous frères",
affirmant ainsi à chaque rituel la parenté de toutes les
choses vivantes ou mortes.
Lorsqu’un proche parent Lakota meurt, les anciens
désignent un "gardien de l’âme"
qui coupe une mèche de cheveux au défunt et la sacralise
sous la forme d’un sac-médecine.
Le sac-médecine fait office de talisman, on y place des objets
dans le but de les sacralisés.
Leur symbolisme peut se rattacher au vécu de la personne, à
ses esprits protecteurs ou à
une vision précise. Tout en le faisant, le gardien de l’âme
s’adresse au mort :
"Ho, petit-fils, tu vas bientôt perdre
les tiens ; tu vas les rendre malheureux.
Néanmoins ils se sont dépêchés de te couper
une mèche de cheveux.
Tu auras quelqu’un pour te dresser le tipi de l’esprit, et
une famille bien à toi.
Ne sois pas inquiet ; ta famille te suivra. Vite ! Pars !!"
Après quatre jours où le sac-médecine
est accroché dans le tipi de la famille du défunt, le gardien
de l’âme organise un banquet funéraire tandis que la
famille monte le tipi du défunt.
Dans ce « tipi-esprit » tout le peuple se réunit,
et le gardien ouvre le sac-médecine du défunt qui a rejoint
les ancêtres.
"Petit-fils, regarde une dernière fois
en arrière ;
Tu verras ta vie renaître dans les contrées fertiles que
nous ont donné les bisons,
Comme tes ancêtres te l’ont déjà dit. Quelque
soit la route du vent soufflant à mes côtés,
Je me lèverai au crépuscule pour regarder passer nos bisons."
La famille s’engage parfois à honorer le défunt
pendant un an, ignorant toute vie quotidienne et vivant sur la générosité
de la tribu. Cette période de deuil est habituellement terminée
par une cérémonie de dépouillement où les
parents proches donnent tous leurs biens jusqu’à se trouver
nus. La tribu se charge de leur offrir de nouvelles possessions, marquant
par là leur solidarité et un réel changement de vie.
" O, Grand-père, puisses-tu poser ton
regard sur moi.
Puisses-tu me voir, debout dans le mystère de ton cercle."
Chant Lakota
-T-

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